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14 de junho

Les Inventeurs

 
Ils sont venus, les forestiers de l'autre versant, les inconnus de nous, les rebelles à nos usages.
Ils sont venus nombreux.
Leur troupe est apparue à la ligne de partage des cèdres
Et du champ de la vieille moisson désormais irrigué et vert.
La longue marche les avait échauffés.
Leur casquette cassait sur les yeux et leur pied fourbu se posait dans le vague.


Ils nous ont aperçu et se sont arrêtés.
Visiblement ils ne présumaient pas nous trouver là,
Sur des terres faciles et des sillons bien clos,
Tout à fait insouciants d'une audience.
Nous avons levé le front et les avons encouragés.


Le plus disert s'est approché, puis un second tout aussi déraciné et lent.
Nous sommes venus, dirent-ils, vous prévenir de l'arrivée prochaine de l'ouragan,
de votre implacable adversaire.
Pas plus que vous, nous ne le connaissons
Autrement que par des relations et des confidences d'ancêtres.
Mais pourquoi sommes-nous heureux incompréhensiblement devant vous et soudain pareils à des enfants?


Nous avons dit merci et les avons congédiés.
Mais auparavant ils ont bu, et leurs mains tremblaient, et leurs yeux riaient sur les bords.
Hommes d'arbres et de cognée, capables de tenir tête à quelque terreur
mais inaptes à conduire l'eau, à aligner des bâtisses, à les enduire de couleurs plaisantes,
Ils ignoraient le jardin d'hiver et l'économie de la joie.


Certes, nous aurions pu les convaincre et les conquérir,
Car l'angoisse de l'ouragan est émouvante.
Oui, l'ouragan allait bientôt venir;
Mais cela valait-il la peine que l'on en parlât et qu'on dérangeât l'avenir?
Là où nous sommes, il n'y a pas de crainte urgente.
 
 
René Char, né le 14 juin 1907.
10 de junho

Se comprendre

 
                                          Entre ce que je pense,
                                          ce que je veux dire,
                                          ce que je crois dire,
                                          ce que je dis,
 
                                          ce que vous voulez entendre,
                                          ce que vous entendez,
                                          ce que vous croyez comprendre,
                                          ce que vous voulez comprendre
                                          et ce que vous comprenez,
 
                                          il y a au moins neuf possibilités
                                          de ne pas s'entendre.
 
 

  

Nous le savons tous, la communication n'est pas toujours facile. Il est bon parfois de rappeler les évidences, nous commettons tous des erreurs, nous sommes tous faillibles dans ce domaine. Le principal consiste bien à exprimer son ressenti, ses peurs, ses espoirs, etc., afin que l'autre puisse les entendre, être attentif à ce que lui-même dégage par ses propres non-dits ou son inattention… pour que le dialogue ne soit jamais rompu.
 
Je ne connais pas l'auteur de cette phrase célèbre, si vous pouvez éclairer ma lanterne, je suis preneuse.
Quant à commenter et amener votre sentiment à ce sujet, n'hésitez pas à le faire… C'est par l'échange que l'on communique et s'enrichit.
 
 
 
Mourka
 
 
 
01 de junho

Rendez-vous

 
 
S'il vous plait apprenez-moi la tolérance
Vous êtres de lumière, de bienveillance
Dites-moi comment ne pas bouillonner
A être si entière et vouloir tout donner
 
 
S'il vous plait, apprenez-moi l'humilité
Pour transformer en force ma fragilité
Exigence d'une petite fille trop gâtée
Qui fut parfois femme désenchantée
 
 
S'il vous plait, apprenez-moi le don
Qui ne déguisera pas en abandon
Sans rien attendre et sans détour
Rien que l'amour en son pourtour
 
 
S'il vous plait, apprenez-moi la vie
Attentive à l'autre mais sans envie
Pour tout s'offrir dans la confiance
Et se rejoindre dans l'abondance
 
 
S'il vous plait, apprenez-moi la bonté
Pour laisser s'affirmer la pure volonté
Que l'amour croisse et se multiplie
Vers une sage destinée accomplie
 
 
S'il vous plait, apprenez-moi l'instant
A vivre au présent et dans l'existant
Sans vouloir demain déjà présager
Et juste aujourd'hui savoir engager
 
 
S'il vous plait, apprenez-moi la tendresse
Pour que je puisse déverser sans cesse
Les possibles du cœur et avec ferveur
Avec vous en partager toute la saveur
 
 
Accueillerez-vous ma main
La vôtre me donnerez-vous
Et viendrez-vous si demain
Je vous donne rendez-vous
 
 
 
Mourka 
 
© Mourka 2007